CSTC-FO en tête des revendications

11 septembre 2018

D’après les chiffres de la Direction du travail, la CSTC‐Force Ouvrière est le syndicat qui a rédigé le plus de cahiers de revendications en 2017 et le plus actif en matière de conflits. 


La DTE a publié le bilan « RELATIONS SOCIALES 2017 dans les entreprises du secteur privé en Nouvelle-Calédonie » qui a pour objet d’analyser l’évolution et les caractéristiques des relations sociales et des conflits du travail qui se sont déroulés tout au long de l’année 2017 en Nouvelle-Calédonie. Elle note ainsi qu’en 2017, le nombre de conflits a augmenté de 35% dans un contexte où l’activité économique s’est dégradée. 

33% des cahiers de revendication émanent de la CSTC-FO

Le recensement des cahiers de revendications et préavis de grève reçus à la DTE au 31 décembre 2017 est de 114 (contre 117 en 2016,  136 en 2015 et 152 en 2014). 33 % des cahiers de revendications émanent la CSTC‐FO qui devient le syndicat à l’origine de la majorité des cahiers de revendications des entreprises privées (38). « Il est clairement ressenti l’accroissement des menaces syndicales au travers de ces cahiers de revendications dont le but est d’inciter l’employeur à discuter. Aujourd’hui, le cahier de revendications est un outil syndical qui peut être perçu comme un appel à la discussion, les employeurs étant souvent mobilisés sur l’activité même de l’entreprise, compte tenu du climat économique morose », note la DTE dans son bilan.

CSTC-FO, parmi les plus actifs en termes de conflit du travail

L’USOENC, la CSTC‐FO et l’USTKE apparaissent en 2017 comme les organisations syndicales de salariés les plus actives en matière de conflit au regard de la conclusion des protocoles de fin de conflits avec près de 28% de protocoles signés. Cette activité syndicale reflète la représentativité des organisations syndicales de salariés dans le secteur privé.
En 2017, 3 conflits ont été menés en intersyndicale.

Une économie toujours en berne

La DTE conclut son bilan en indiquant : « en Nouvelle‐Calédonie, les relations sociales dans le secteur privé s’étaient stabilisées depuis 3 ans. Néanmoins, eu égard au nombre de protocoles de fin de conflit enregistrés, il est constaté une hausse pour 2017. La CSTC‐FO et l’USOENC sont les deux organisations syndicales les plus actives dans la rédaction de cahiers de revendications auprès des employeurs (respectivement 33% et 23.36%). Cela peut s’expliquer notamment par leur représentativité dans le secteur privé. Par ailleurs, le thème des « salaires et des primes » demeure le plus abordé en 2017 à l’instar de 2015 et 2016. La moitié des conflits enregistrés porte sur celui‐ci. Par contre, la situation individuelle est sensiblement moins abordée dans les cahiers de revendications a contrario de l’année précédente où c’était le point litigieux central (6 en 2017 contre 8 en 2016). Dans le secteur privé, la conflictualité est la plus forte dans la branche professionnelle « Services », au regard des protocoles de fin de conflit. Toutefois, la branche « Commerce » est celle qui recense le plus grand nombre de cahiers de revendications (43% des cahiers de revendications). La conflictualité est plus importante dans les entreprises de plus de 50 salariés en 2017 par rapport à l’année précédente : 46.9% les concernent contre 36% en 2016. A ce titre, les négociations sont toujours plus complexes car menées par les directions alors même que les actionnaires sont aujourd’hui plus présents dans les prises de décision pouvant impacter la trésorerie de l’entreprise. Une volonté croissante des syndicats a émergé souhaitant discuter directement avec les véritables décisionnaires. Le nombre de conflits enregistré dans les entreprises de 11 à 49 salariés continue sa progression ; seuil de salariés où la pratique de la négociation collective et l’implantation syndicale sont présentes. Pourtant, le tissu économique calédonien regorge principalement de petites voire très petites entreprises. Toutefois, le dialogue est plus aisé compte tenu du lien plus fort de l’employeur à son entreprise et ses salariés. Bien que près d’un quart des situations conflictuelles issues de dépôt de cahiers de revendications soient traitées par la DTENC, il est à noter que sur l’ensemble de ses interventions, une forte part est laissée aux actions de prévention (65% contre 74% en 2016). En outre, difficilement quantifiables mais pourtant bien présents dans les usages des salariés calédoniens et des syndicats, le débrayage a une place prépondérante tout au long de l’année 2017. Enfin, la conjoncture économique de la Nouvelle‐Calédonie demeure en berne pour 2017. Le marché de l’emploi du secteur privé poursuit sa baisse avec une perte de plus d’un millier d’emplois sur les deux dernières années.»


L’essentiel des relations sociales 2017

Les cahiers de revendications et préavis de grève
• 114 cahiers de revendications dont 68 avec préavis de grève : chiffre en hausse.
• CSTC-FO et USOENC sont les deux syndicats les plus actifs.
• La branche commerce demeure la plus impactée.
• Salaires et primes demeurent la thématique la plus abordée.
• La DTE a été sollicitée sur 57 des 114 cahiers de revendications dont 37 en action préventive : chiffre en hausse.

Les conflits du travail
• 33 protocoles de fin de conflit déposés à la DTE pour 30 entreprises concernées : chiffre en hausse.
• L’USOENC, l’USTKE et la CSTC-FO sont les trois syndicats les plus impliqués (9 chacun)
• Seuls 3 conflits ont été menés en intersyndicale en 2017.
• « Salaires et primes » demeurent la thématique la plus représentées dans les protocoles.
• Bien que ce soit les entreprises les moins nombreuses en Nouvelle-Calédonie, celles ayant plus de 50 salariés sont les plus impactées par les conflits.
• La DTE est intervenue dans 20 situations conflictuelles sur les 33 aboutissant à un protocole de fin de conflit : chiffre en hausse.