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Égalité salariale : Depuis 6 novembre, 15h35, les femmes travaillent pour rien

13 December 2018


Depuis le 6 novembre, à 15h35, exactement, les Françaises vont travailler «bénévolement» jusqu'à la fin de l'année. C'est ce qu'ont calculé les Glorieuses, une association féministe qui milite pour l'égalité professionnelle et qui a appelé à la mobilisation sur les réseaux sociaux à partir de cette date symbolique. Leur calcul se base sur les chiffres d'Eurostat quant aux inégalités salariales enregistrées en France en 2016.

Pour dénoncer les écarts de salaires, le collectif féministe Les Glorieuses a fait réaliser un sondage sur la perception des Français quant aux inégalités salariales. Plus d'un Français sur quatre (27 %) pense que ces écarts salariaux entre les hommes et les femmes n'ont jamais été aussi répandus qu'aujourd'hui.

Et cela change très — trop — doucement : « Alors que l'égalité entre les femmes et les hommes a été désignée « Grande cause du quinquennat », la différence de salaire entre les femmes et les hommes est encore, selon Eurostat, de 15,2 %. C'est toujours mieux qu'en 2011, puisque nous étions alors à 15,7 %. Mais à ce rythme là, nous devons attendre 150 ans pour arriver à une égalité réelle, soit 2168 », explique le communiqué de presse du sondage.

16% de moins que les hommes

Les femmes demeurent toujours moins payées que les hommes en Europe, en moyenne, 16 % de moins que les hommes, selon Eurostat qui publie une analyse des écarts de salaire entre les hommes et les femmes dans la zone UE en 2016. L'étude souligne que la tendance existe dans tous les pays de la zone euro, mais que l'écart varie fortement d'un pays à l'autre.

Françoise Milewski, qui suit de près ces écarts de rémunération pour l'OFCE, a constaté très peu d'amélioration depuis dix ans : "On bute sur le fait qu'un homme et une femme rentrés à même niveau de qualification n'auront pas le même déroulement de carrière, donc au bout du compte, ils n'auront pas le même salaire."

Les écarts se creusent avec les congés maternité

La fondatrice de la newsletter féministe les Glorieuses, Rebecca Amsellem, a lancé le hashtag #6novembre15h35 sur Twitter, heure et date qui correspondent au moment où le salaire des hommes dépasse, en cumulé, celui des femmes sur une année complète. Elle plaide pour l'allongement du congé paternité, à égalité avec le congé maternité, afin d'équilibrer les interruptions de carrières pour les parents des deux sexes, car les écarts se creusent au moment de la naissance du premier enfant, relève-t-elle.

La militante appelle aussi à une transparence obligatoire des salaires dans l'entreprise, s'appuyant sur les exemples des pays qui ont mis en place cette pratique et au sein desquels les inégalités s'amenuisent.