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Grève générale du 1er mars

13 septembre 2018

La CSTC-FO a appelé à une grève générale dans le public et le privé le 1er mars dernier. En cause : un ras-le-bol général et des sujets sociaux qui non seulement n’avancent pas, mais reculent. Au programme : ruamm, santé, retraites, pouvoir d’achat… Et ce n’est que le début ! Le début d’un mouvement de contestation au long terme.


Plus d’un millier de personnes ont défilés dans les rues de Nouméa, le 1er mars dernier, à l’appel de notre syndicat. Un vrai succès ! Pourquoi cette mobilisation massive ? Parce que les salariés en ont assez ! Assez de payer toujours plus pour avoir moins. On rogne sur la santé, sur les retraites….Le pouvoir d’achat est chaque jour un peu plus bas, la vie toujours plus chère ! Il fallait délivrer le message aux institutions. Le salarié n’est pas leur vache à lait, leur variable d’ajustement.

Des salariés qui s’appauvrissent

Les salariés s’appauvrissent, aussi bien dans le public ou dans le privé, et personne ne réagit. Un exemple : à la sortie des négociations de branche, on se retrouve avec des augmentations de 0,22 - 0,23 % quand l’Isee annonce 1,4 % d’inflation sur 12 mois. Comment voulez-vous que les gens vivent décemment, surtout que, quel que soit le domaine abordé, santé, retraite, prix, c’est toujours au salarié qu’on demande de faire un effort. On ne peut plus continuer ainsi. On va droit dans le mur. 

Pas de médecine à 2 vitesses

Autre exemple : le système de santé. Là encore, nous craignons que ce soit les salariés qui supportent tout l’effort. Avec les mesures que préconise le gouvernement, moins rembourser le « petit risque », jouer sur les longues maladies, le ticket modérateur… on s’oriente vers une médecine à deux vitesses : il y aura ceux qui peuvent payer, ceux qui ne pourront pas. Mais c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités. Comment ? Tout d’abord, il faut revoir les exonérations accordées dans le tourisme, l’agriculture, ou pour les indépendants, sans qu’on sache quel en est le retour. Ensuite le Ruamm doit être alimenté de façon pérenne. 

Financer durablement la retraite CAFAT 

Concernant la retraite, il faut également trouver des solutions durables. Repousser l’âge de départ n’est pas la solution miracle. Que va-t-on dire aux jeunes qui vont arriver sur le marché de l’emploi alors que les vieux de plus de 60 ans travaillerons encore ? Il faut trouver un financement pérenne des retraites. Au 1er janvier 2019, l’AGFF, contribution de retraite complémentaire qui n’a aucun retour pour les Calédoniens, va disparaitre et être remplacé par 2 contributions : la contribution d’équilibre technique et la contribution d’équilibre générale. En métropole, une demande d’exonération a été faite, elle représente 8 à 9 milliards de francs. On pourrait demander, en Nouvelle-Calédonie, le maintien de ces milliards pour en réaffecter une partie au régime de retraite CAFAT.
Il y a des exonérations de taxes qui peuvent être revues, on peut taxer les bénéfices non réinvestis, s’intéresser un peu à l’évasion fiscale… Il y a des milliards à trouver et ça sera toujours mieux que cette réforme qui est anti-jeunes : ils auront plus de mal à trouver un emploi quand on demandera aux vieux de rester plus longtemps. Et aller dire ça aux gars de Colas ou de Jean Lefebvre qui refont la Savexpress, vous verrez. Repousser l’âge de départ, c’est aussi augmenter le risque de ne pas l’atteindre.

Emploi local, tarifs bancaires, justice….

C’est désormais un fait reconnu par tous : la loi sur l’emploi local ne fonctionne pas et doit être revue. Il faut notamment que la délibération fixant des sanctions contre les entreprises qui n’appliquent pas la préférence locale soit enfin adoptée.
Autres dossiers, autres revendications : les tarifs bancaires, toujours beaucoup plus élevé qu’en métropole, et la lenteur de la justice avec un seul magistrat pour le tribunal du travail. Conséquence ? Des délais d’au moins deux ans pour juger une affaire.